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ثقافة Rabaa Jedidi (directrice générale du musée national d’art moderne et contemporain): Un travail immense est en train d’être accompli pour donner naissance à un musée en bonne et due forme

نشر في  15 سبتمبر 2021  (10:15)

C’est un grand et beau chantier auquel s’attelle Rabaa Jedidi, directrice générale du Musée national d’art moderne et contemporain (Macam Tunis), et son équipe. Celui de mettre en place un musée au sein de la cité de la culture et de le doter de tous les atouts possibles pour qu’il mérite son nom. En effet, le personnel du musée (administrateurs, restaurateurs de tableaux, conservateurs, documentalistes, etc.) s’activent afin que l’espace muséal ouvre ses portes dans les plus brefs délais, probablement au début de l’année prochaine.

Rabaa Jedidi, directrice du Macam, explique, lors d’une visite qui nous a permis de découvrir en avant-première l’organisation du musée, que le cheminement n’est pas facile car « Un travail immense est en train d’être accompli. On ne parle pas d’une salle d’expositions ou d’une galerie mais d’un musée en bonne et due forme, c’est-à-dire un ensemble de composantes, tels que l’atelier de restauration, la réserve de tableaux, la direction artistique, le centre spécialisé en recherche et documentation en arts visuels, la communication, le bookshop, l’espace enfants, les archives, etc ».

Et à Jedidi de rajouter que ces différents chantiers font l’objet d’un travail ardu de la part de compétences diverses, et qu’ils ont nécessité de faire appel à des expertises extérieures, tel que le fonds Tfanen, pour bénéficier de la compétence d’experts venant accompagner tel ou tel chantier du musée.

Depuis déjà quelques mois, et malgré les aléas du Covid qui ont retardé l’avancement de certains travaux, le musée continue à prendre forme et quelques deux mille œuvres d’art y ont déjà été transférés depuis le palais Ksar Said. Au total 9 voyages ont été accomplis dans les meilleures conditions possibles pour ravitailler le musée en tableaux et autres œuvres plastiques (en collaboration avec la direction des arts plastiques, l’inspection générale du ministère de la culture, l’armée nationale, l’institut national du patrimoine, le ministère de la propriété de l’état et des affaires immobilières.

Concernant l’état des tableaux de peinture, Slim Drissi, conservateur-restaurateur de biens culturels et responsable des collections au sein du musée, nous confie que « l’équipe s’est rendu compte que bizarrement les tableaux les plus anciens sont les mieux conservés, car les peintres travaillaient avec de bonnes recettes, avec de bons dosages de siccatifs, une bonne qualité du bois du châssis, des toiles, etc., et qu’ils respectaient les règles de l’art ».

Drissi précise cependant qu’il y a eu certes des altérations et des dégâts dues au vieillissement des matériaux et aux mauvaises conditions de conservation, mais que le choix était de privilégier une intervention minimale dans le respect de la déontologie du métier. « On procède à un dépoussiérage, à un décrassage, parfois à quelques points de retouches pour la réintégration chromatique sans se substituer, en aucun cas, à l’artiste » dit-il. Le but n’est pas de refaire du neuf mais plutôt d’assurer la pérennité de l’œuvre et stabiliser son état tout en respectant son intégrité.

Au-delà du volet de la programmation artistique qui constitue pour la directrice du MACAM Tunis, un point d’orgue et une des missions principales du musée, Rabaa Jedidi insiste sur le rôle clé du centre de documentation, accessible pour les chercheurs, et qui aura pour mission d’insuffler une dynamique dans le secteur des arts plastiques et de contribuer à l’historicisation du mouvement pictural tunisien. « Espérons que ce centre constituera un noyau catalyseur de le recherche. Nous travaillons sur la numérisation de la documentation sur une plateforme dédiée, et nous remercions tous ceux qui ont bien voulu faire des dons pour enrichir la bibliothèque».

Slim Drissi, confirme à son tour, l’importance de cet aspect documentaire en avançant ce qui suit : « Le centre permettra aux chercheurs et aux étudiants en art d’avoir accès à un fonds documentaire sur l’art plastique tunisien. Aussi, nous désirons rendre les réserves au centre du musée et non un simple lieu de stockage. Nous aimerions proposer un espace de consultation de la collection par les professionnels et les chercheurs dans une zone fonctionnelle de conservation, d’étude et de gestion de la collection pour permettre à la recherche de progresser ».

Sans vouloir dévoiler l’exposition d’ouverture du musée, Rabaa Jedidi a bien voulu nous confier qu’elle retracera 100 ans de peinture tunisienne et qu’elle comprendra des surprises. Et c’est l’historien de l’art, Mohamed Ali Berhouma, qui a été chargé de la mission de commissaire de l’exposition et à qui est revenu le concept de l’exposition inaugurale.

La directrice du MACAM précise que l’exposition sera une sorte de fenêtre qui retracera l’histoire des arts plastiques tunisiens. « Vous le verrez le fruit du travail accompli par le commissaire. Les tableaux retenus donneront un avant-goût sur les expositions qui suivront et lèveront le voile sur un pan très riche du fonds national des arts plastiques, sans oublier tout le travail de scénographie assuré par les deux scénographes Nawel Bani et Ramla Njeh et d’éclairage propre à cette occasion » dit-elle.

Parmi les acquisitions du MACAM, Rabaa Jedidi nous a révélé que le musée a eu le privilège d’acquérir treize panneaux de mosaïque de l’artiste Aly Ben Salem. « Treize panneaux magnifiques qui étaient la propriété de l’hôtel « La Forêt », sis à Ain-Drahem, et qui a été contraint de fermer ses portes. Nous avons acquis 13 panneaux (6 œuvres en tout entre unique, diptyque et triptyque) et dont 14 autres manquent à la liste initiale. Nous espérons que le musée arrivera à les retrouver et à les acquérir car ils font partie du legs culturel collectif tunisien. »

En attendant l’inauguration officielle du musée national d’art moderne et contemporain dans quelques mois, nous prenons acte d’un énorme travail d’équipe et d’une volonté réelle de servir les arts plastiques tunisiens et de les mettre au cœur de la cité de la culture et dans différentes régions de la république dans le cadre d’un projet de valorisation et de décentralisation essentiel et soutenu par la direction du musée qui adresse, par ailleurs, ses remerciements aux partenaires suivants:

 LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE  

 INSTITUT NATIONAL DU PATRIMOINE

 FACULTE DES SCIENCES DE TUNIS

INSTITUT  DE TRADUCTION  DE TUNIS

LA TELEVISION TUNISIENNE

TICDCE

OTDAV

DIRECTION DES ARTS PLASTIQUES

 

Chiraz Ben M’rad